Exercice : la suralimentation

 

La suralimentation : un problème de riches ou de pauvres?

 

 

 

 

 

 

1) L'obésité, un phénomène des pays des Nords?

 

 

 

* L'obésité est-elle un phénomène touchant uniquement les pays des Nords? Justifier la réponse.

Montrer que l'obésité touche différemment les sexes selon les pays. Selon vos connaissances, donner des hypothèses permettant d'expliquer l'obésité féminine au Maghreb.

 



2) L'obésité en France

 

 

Voir la vidéo suivante : http://leweb2zero.tv/multipod/reineroro_96483102da48378

 

 

* Comment expliquer l'obésité en France? Pourquoi? Justifier précisément votre réponse.

 

 

 

 

 

3) L'obésité dans les pays des Suds

 

 

 

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Le nouveau fardeau des pays des Suds : l'obésité

 

Il est paradoxal de constater qu'à mesure que les pays en développement poursuivent leurs efforts de réduction de la faim, certains se heurtent au problème opposé de l'obésité. L'obésité comporte une incidence plus élevée de maladies chroniques, dont le diabète, les maladies cardio-vasculaires et le cancer. Et tandis que certains pauvres prennent de l'embonpoint, ils ne sont pas nécessairement mieux nourris car l'obésité masque souvent des carences de vitamines et de minéraux.

"Nous estimons que l'obésité est un gros problème qui doit être affronté sur le même plan que le problème de la sous-alimentation" explique Prakash Shetty, Chef du Service de planification, analyse et évaluation nutritionnelles de la FAO.

Ne serait-ce qu'il y a quelques années, une telle déclaration aurait été exceptionnelle. Les experts hésitaient à attirer l'attention sur l'obésité lorsque tant d'êtres humains mouraient de faim - et sur un total de 815 millions de personnes sous-alimentées dans le monde, près de 780 millions se trouvent dans les pays en développement. Mais les données surprenantes publiées l'an dernier par le Worldwatch Institute ont remis en cause la sagesse traditionnelle: pour la première fois, les individus en surpoids dans le monde équivalaient en nombre aux personnes trop maigres. Et tristement, les nations en développement sont venues rejoindre les rangs des pays accablés par l'obésité.

Une étude des Nations Unies de 1999 a révélé que l'obésité existait dans toutes les régions en développement, et qu'elle augmentait rapidement, même dans les pays où sévit la faim. En Chine, le nombre de personnes ayant une surcharge pondérale est passé de moins de 10 à 15 pour cent en seulement trois ans. Au Brésil et en Colombie, le chiffre tourne autour de 40 pour cent -- niveau comparable à celui de plusieurs pays européens. Même l'Afrique subsaharienne, où vivent la plupart des populations sous-alimentées du monde, connaît un accroissement de l'obésité, en particulier chez les femmes des zones urbaines. Dans l'ensemble des régions, l'obésité semble s'intensifier avec la croissance des revenus.

Trois problèmes, une solution: une bonne nutrition

L'existence de l'obésité dans le monde en développement n'est guère une surprise pour la FAO. "Nous savions déjà que le monde produisait suffisamment de nourriture pour nourrir tous ses habitants", fait remarquer Barbara Burlingame, Fonctionnaire principale de la FAO, Groupe d'analyse et d'évaluation de l'impact nutritionnel. "Malheureusement, la nourriture ne parvient pas toujours aux personnes qui en ont le plus besoin". La faim en est une conséquence. L'obésité une autre.

En outre, quasiment tous les êtres humains qui ont faim et nombre de ceux qui souffrent d'un excédent pondéral sont affaiblis par un troisième type de malnutrition: le manque de vitamines et de minéraux, à savoir la carence en oligo-éléments. "On pensait autrefois que si les régimes alimentaires étaient suffisamment énergétiques, les micro-nutrients suivraient", explique Dr Burlingame. "Mais les gens mangent de plus en plus de nourriture bon marché qui remplit l'estomac sans fournir à l'organisme les oligo-éléments dont il a besoin".

Les données sur l'obésité dans le monde en développement sont limitées, mais d'après les études préliminaires, certaines des mêmes carences en nutriments qui affligent les personnes sous-alimentées concernent également les personnes trop grosses. Deux des plus communes sont l'anémie due à la carence en fer et la carence en vitamine A, qui continuent à causer la cécité à grande échelle chez les enfants de moins de cinq ans.

La FAO soutient qu'une approche rationnelle doit mettre l'accent aussi bien sur la qualité que sur la quantité. "Un de nos rôles les plus importants est de promouvoir une alimentation différente comprenant les aliments traditionnels, qui sont généralement équilibrés et nutritifs", explique Dr Shetty.

L'obésité dans le monde en développement est le résultat d'une série de changements liés à l'alimentation, à l'activité physique, à la santé et à la nutrition, regroupés sous le nom de 'transition nutritionnelle'. A mesure que les nations pauvres gagnent en prospérité, elles acquièrent certains des avantages mais aussi des problèmes des pays industrialisés, dont l'obésité.

Les zones urbaines étant beaucoup plus avancées dans la transition que les zones rurales, elles connaissent des taux plus élevés d'obésité. Les villes offrent une palette beaucoup plus vaste de choix alimentaires, à des prix généralement moindres. Le travail citadin demande souvent moins de fatigue physique que le travail à la campagne. Et comme de plus en plus de femmes travaillent hors de chez elles, elles n'ont pas le temps d'acheter, de préparer ou de cuisiner des repas sains à la maison. Le fait qu'un nombre croissant de gens se concentre en ville aggrave le problème. En 1900, seulement 10 pour cent de la population mondiale habitait en ville. Aujourd'hui, ce chiffre avoisine les 50 pour cent.

Ceci ne veut pas dire que les zones rurales sont à l'abri. L'intensification de la mécanisation de l'activité agricole porte à une réduction de l'activité physique tandis que la nourriture est de plus en accessible -- mais la variété ne suit pas forcément. De nombreux agriculteurs ont abandonné l'agriculture de subsistance de cultures multiples qui offrent une alimentation plus équilibrée, en faveur d'une culture de rapport unique, à plus haut rendement.

Importation de mauvaises habitudes alimentaires

Un autre élément de la transition nutritionnelle est l'importation croissante d'aliments du monde industrialisé. En conséquence, les régimes traditionnels de céréales et de légumes cèdent le pas aux repas riches en graisses et en sucres.

Certains détracteurs reprochent aux pays industrialisés de produire de la viande plus maigre pour leurs propres citoyens mais de vendre les morceaux plus gras à l'étranger. Les queues de dinde et les bas morceaux de mouton sont vendus au monde en développement, par exemple, en dépit du fait que ces aliments sont constitués de 80 pour cent de matières grasses.

Et les grands groupes alimentaires qui voient les revenus augmenter dans les pays en développement jettent leur dévolu sur de nouveaux marchés. Du Mexique au Maroc, les mêmes aliments qui menacent la santé des pays riches sont désormais appétissants pour les pays pauvres.

D'autres modifications du régime alimentaire ont lieu indépendamment des influences externes. En Chine, lorsque le revenu par tête a quadruplé après les réformes économiques de la fin des années 70, la consommation d'aliments à forte teneur en matière grasse est montée en flèche. Et à mesure que les revenus augmentaient, le prix d'un régime de ce type diminuait. En 1962, une alimentation contenant 20 pour cent de graisses correspondait à un PIB par habitant de 1 475 dollars E.-U. En 1990, pour le même régime, il suffisait d'un PIB de 750 dollars.

Dans divers pays, la globalisation a changé la face de l'obésité. Au Mexique et au Brésil, par exemple, où l'excès pondéral était autrefois un signe de richesse, la situation s'est renversée. La disponibilité accrue de nourriture à des prix inférieurs signifie que les pauvres ont accès à une alimentation plus riche. Si l'élite peut choisir d'adopter un style de vie sain, moins de choix alimentaires s'offrent aux pauvres qui ont un accès plus limité à l'éducation à la nutrition.

Le prix d'un mauvaise alimentation

Les personnes souffrant d'une insuffisance ou d'un excès pondéral ont toutes deux des niveaux élevés de maladie et d'infirmité, une durée de vie plus courte et une productivité réduite. L'obésité accroît le risque de maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension, les maladies cardio-vasculaires, les maladies de la vésicule biliaire et diverses formes de cancer.

Et le monde en développement risque d'avoir la part du lion dans ce nouveau fardeau de maladies. Par exemple, le nombre de gens souffrant de diabète lié à l'obésité devrait doubler et passer à 300 millions entre 1998 et 2025 -- pour les trois quarts dans le monde en développement. Pour les nations dont les ressources économiques et sociales sont déjà mises à rude épreuve, le résultat pourrait être catastrophique.

 

 

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* Quelle est la tendance de l'obésité dans les pays des Suds? Comment l'expliquer?

 

 

 

 

 

4) Réponse de synthèse

 

 

 

 

* A l'aide des réponses préalables, montrer que l'obésité est un phénomène mondial, concomitant avec la sous-alimentation, mais ne répondant pas aux mêmes causes dans les pays des Suds et dans les pays des Nords.

 

 

 

 

 

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